LES DYNAMITEURS

Benjamin Whitmer

édité par Gallmeister

Chronique écrite le
17 - 09 - 20

🧨L’enfer, c’est les autres🧨

Il s’agit du premier roman que je lis dans le cadre du @lemoisamericain, et donc d’un auteur que je découvre avec ce titre on ne peut plus intriguant.

En 1895, Denver est l’épicentre d’une violente misère qui profite à une poignée de riches bourgeois, que ceux que l’on considère comme le "bas peuple", ne cesse de vouloir contrecarrer.

Nous sommes propulsés dans un véritable enfer, entre marasme nutritionnel, fureur et animosité, au sein d’une ville où la survie, pour Sam, Cora et les petits orphelins, est un combat de tous les jours. Sam se voit proposer de l’argent qu’il ne peut refuser, pour un travail qui l’emportera malgré lui, dans un tourbillon infernal dont il ne ressortira plus jamais le même. Pour lui, c’était avant tout le moyen d’assurer la survie de cette petite tribu d’orphelins qu’il souhaite protéger à tout prix avec celle qu’il aime par-dessus tout, Cora. Cora, sorte de mère Theresa pour tous ces petits mais aussi pour les opprimés et les malades.

Nous sommes plus qu’émus par la situation injuste de ces laissés pour compte de la société, réduit à des bouts de rien, que l’on malmène et dont on profite de l’innocence, une innocence qui disparaît aussi vite que se fait l'entrée fracassante de ces enfants, dans le monde pervers des adultes. L’initiation est d’une violence inouïe. Il faut apprendre à survivre, se protéger comme on peut, trouver subsistance par tous les moyens.

Une sorte de fatalité plane tel une épée de Damoclès tout le long de ce roman. L’issue ne peut être positive, cela se ressent dans cette ambiance que l’auteur réussit à nous transmettre de sa plume acérée et tranchante. Une plongée dans les bas-fonds de Denver, on ne peut plus réaliste, tragique, très dérangeante parfois.

Prenez aussi un carnet de note, car vous pourrez y relever des citations à foison qui amèneront la réflexion sur bien des sujets…

Une magnifique découverte pour ma part. J’aimerai tellement que ce roman tombe entre davantage de mains, il gagne à être connu!