RÉSINE

Ane Riel

édité par Seuil

Chronique écrite le
19 - 03 - 2021

🧹Rᴇ́sᴜᴍᴇ́⁠🧹

Une presqu’île, aux confins d’un pays du Nord. C’est là que vit la famille Haarder, dans un isolement total. Jens a hérité de son père la passion des arbres, et surtout du liquide précieux qui coule dans leurs veines – la résine, aux capacités de préservation étonnantes. Alors que le malheur ne cesse de frapper à la porte des Haarder, Jens, obsédé par l’idée de protéger sa famille contre le monde extérieur qui n’est pour lui que danger et hostilité, va peu à peu se barricader, bâtir autour de la maison une véritable forteresse, composée d’un capharnaüm d’objets trouvés ou mis au rebut, et séquestrer sa femme et sa fille. Du fond de la benne où il l’a confinée, Liv observe son père sombrer dans la folie – mais l’amour aveugle qu’elle lui porte va faire d’elle la complice de ses actes de plus en plus barbares, jusqu’au point de non-retour.

Mon avis

Un livre dont le résumé me faisait très envie, que j’avais alors trouvé intriguant et qu’il me tardait de découvrir. Malheureusement, ce fut un rendez-vous manqué pour moi. Je n’ai pas réussi à m’imprégner de cette histoire et de ses personnages. J’ai trouvé cette lecture étouffante, et très glauque. Parfois ça ne me dérange pas, si le suspense est bien ménagé, que je suis tenue en haleine par quelque chose de palpitant. Mais là, j’ai sombré face à la lenteur de ce récit, face aux longueurs qui m’ont totalement détachée de l’histoire.

On pénètre dans le quotidien de cette famille presque normale, mais qui au fil des années d'isolement, se retrouve livrée au délire d’un père qui se méfie de tout et de tout le monde et s’enfonce peu à peu dans un mal-être dont on ne saisit ni les tenants ni les aboutissants. La maison familiale est devenue, au fil des années, une sorte de brocante suffocante, une décharge puante et invivable où s’entasse un bric-à-brac hallucinant et dans laquelle on peine à se déplacer, à tel point que l’on ne distingue même plus les différentes pièces qui la compose.

La petite fille que l’on suit est entraînée par ce père qui sombre peu à peu dans une folie écœurante, et par cette mère qui se laisse dépasser par la vie et mourir dans cette maison aux allures de déchetterie.

Ce livre m'a parfois rappelé « Les monstres » de Maud Mayeras, un roman que j'avais pourtant adoré et littéralement dévoré. Il y a bien là cette similitude de la famille qui vit à l'écart du monde, dans un taudis, avec un père qui a sombré dans la folie et entraîne dans son sillage ses proches mais à mon sens, le thème n’est pas assez fouillé, que ce soit du côté du père ou de la mère. On ne sait pas comment ils en viennent à sombrer à ce point. Il aurait fallu creuser davantage du côté des parents, le pourquoi ce couple si heureux au départ en arrive là. On effleure sans approfondir et ça, c'est vraiment dommage.

Maintenant, je vous suggère quand même, si le glauque ne vous fait pas peur, de vous faire votre propre avis.